06 février 2007
Un Hiver Idéal
L’hiver enfin
Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été.
Albert Camus
C’est déjà l’été à Rio.
Ici, commence à peine l’hiver,
le pire, le pur et le très beau.
Principe ToutAzim' : Un dico.
Un mot. On tourne tout doucement les pages à la rencontre d'un autre mot. On s'arrête.
On l'observe. Puis on va le laisser parler. Il aura toujours beaucoup à nous
apprendre. Le but sublime et avoué de cette quête, est et sera, de découvrir le
fou et le beau au-delà du flou de chaque mot. L'ivresse supplémentaire, étant
de trouver un lien, une harmonie, voir une fusion, entre tous.
Allons !… faisons tourner les pages !
Hiver – Horizon – Horloge –
Humeurs – Hussarde – Idéal
[…] arrivera l’hiver appelé Fimbulvetr
(« Grand hiver ») : la neige tombera en rafales des quatre
points cardinaux et il y aura de grandes gelées et des vents acérés. Le soleil
ne brillera pas. Trois hivers semblables se succèderont, et, entre eux, il n’y
aura pas d’été. Snorri Sturluson, Eda, Gylfaginning
Il fallait bien un mot aussi peu avenant pour qualifier un tel hiver.
Elle aussi se trouva moins dépourvue quand l'hiver fort fut venu.
La fable de la cigale et la fourmi : quand l'entomologiste Jean-Henri
Fabre corrige Jean de La Fontaine
L'enfant est le conservateur par excellence. L'usage, les
traditions,
deviennent indestructibles une fois confiés aux archives de sa
mémoire. Nous lui devons la célébrité de la Cigale, dont il a balbutié les
infortunes en ses premiers essais de récitation. Avec lui se conserveront les
grossiers non-sens qui font le tissu de la fable: la Cigale souffrira toujours
de la faim quand viendront les froids, bien qu'il n'y ait plus de Cigales en
hiver; elle demandera toujours l'aumône de quelques grains de blé, nourriture
incompatible avec son délicat suçoir; en suppliante, elle fera la quête de
mouches et de vermisseaux, elle qui ne mange jamais.
D'ailleurs, dans sa maigre historiette, La Fontaine n'est
que l'écho d'un autre fabuliste. La légende de la Cigale, si mal accueillie de
la Fourmi, est vieille comme l'égoïsme, c'est-à-dire comme le monde. Les
bambins d'Athènes, se rendant à l'école avec leur cabas en sparterie bourré de
figues et d'olives, la marmottaient déjà comme leçon à réciter. Ils disaient:
«En hiver, les Fourmis font sécher au soleil leurs provisions mouillées.
Survient en suppliante une Cigale affàmée. Elle demande quelques grains. Les
avares amasseuses répondent: «Tu chantais en été, danse en hiver. » avec un peu
plus d'aridité, c'est exactement le thème de La Fontaine, contraire à toute
saine notion.
La fable nous vient néanmoins de la Grèce, pays par excellence de l'Olivier et
de la Cigale. Ésope en est-il bien l'auteur, comme le veut la tradition? C'est
douteux. Peu importe après tout: le narrateur est Grec, il est compatriote de
la Cigale, qu'il doit suffisamment connaître. Il n'y a pas dans mon village de
paysan assez borné pour ignorer le défaut
absolu de Cigales en hiver; tout
remueur de terre y connaît le premier état de l'insecte; la larve, que sa bêche
exhume si souvent quand il faut, à l'approche des froids, chausser les
oliviers; il sait, l'ayant vue mille fois sur le bord des sentiers, comment en
été cette larve sort de terre, par un puits rond, son ouvrage; comment elle
s'accroche à quelque brindille, se fend sur le dos, rejette sa dépouille, plus
aride qu'un parchemin racorni, et donne la Cigale, d'un tendre vert d'herbe
rapidement remplacé par le brun. JEAN-HENRI FABRE, Souvenirs
entomologiques, série 5, Paris, Delagrave, 1897.
De toutes les belles choses
Qui nous manquent en hiver,
Qu'aimez-vous mieux ? – Moi, les roses;
– Moi, l'aspect d'un beau pré vert;
– Moi, la moisson blondissante,
Chevelure des sillons ;
– Moi, le rossignol qui chante ;
– Et moi, les beaux papillons !
Les
papillons, dans Oeuvres de Gérard de Nerval. Tome I
Rires et déraison à l'horizon
Conseil aux enfants pour
peindre un paysage
Je vais à ce sujet hasarder
quelques règles pour apprendre aux enfants à
exprimer en peinture, en vers ou
en prose, les sensations que leur fait éprouver le spectacle de la nature : je
parlerai d'abord à leurs yeux avant de parler à leur cœur.
On doit commencer par rendre l’action du soleil sur l'horizon : un paysage sans
soleil est un végétal sans fleur. Comme aucun pinceau ne peut peindre l'astre
du jour dans tout son éclat, il faut le voiler par quelque objet, ou choisir
les heures où sa lumière est la, moins brillante. Les plus favorables sont
celles du matin et du soir, parce que le soleil étant à l'horizon, tous les
objets du tableau sont frappés de ses rayons
parallèlement à nos yeux, et se
détachent les uns .des autres par de grandes ombres. Celles, du soir me
semblent plus intéressantes .que celles du matin, parce que le ciel étant alors
plus vaporeux, la lumière y produit de plus beaux effets. Elles plaisent aussi
davantage à notre imagination, parce qu'elles nous annoncent le repos de la
nuit, tandis que celles du matin commencent les travaux du jour.
L'atmosphère, à son tour, doit se faire sentir dans un paysage par un ciel
élevé, dont on rend les lointains avec des vapeurs étagées et fugitives. Ce
sont surtout les nuages qui entourent le soleil couchant, qui doivent exprimer
la grande étendue de l'horizon par les couleurs vives et les ombres prononcées
des nuages qui sont en avant; tandis que ceux qui les suivent sont teints de
couleurs et d'ombres mourantes qui vont se perdre dans l'immensité des cieux.
L'étendue de l'air doit aussi se faire sentir sur la terre, dans l'épaisseur
même des forêts, par de longues perspectives ménagées parmi les troncs des
arbres, et par quelques faibles aperçus d'un ciel azure à travers leurs
rameaux. C'est ainsi que Jouvenet a rendu, .au milieu des bois, une solitude
profonde de Bruno, le fondateur des Chartreux. On pourrait peut-être y exprimer
les mouvements de l'air, 1'âme des végétaux par le balancement de la cime des
arbres, le retroussis de leur feuillage et les ondulations des prairies. Il serait
possible d'y joindre une
harmonie aérienne de plus, en exprimant une ondée de
pluie. Il ne faut pas la répandre dans tout le tableau, car il deviendrait
mélancolique comme celui du Déluge du Poussin. Il suffit d'y peindre
l'effet d'un nuage pluvieux sur une partie de la forêt. Les rais de la pluie se
mêlant avec ceux du soleil, forment des arcs-en-ciel dans les cieux, et des
harmonies charmantes parmi les arbres.
BERNARDIN DE SAINT-PIERRE,
«Harmonies de la nature», Oeuvres complètes, tome 8, Paris, Ladvocat,
1826
"Il faudrait pouvoir montrer les tableaux qui sont sous le tableau".
Pablo Picasso
La lumière de Rome
Rien n'est comparable pour la beauté aux lignes
de l'horizon romain, à la douce inclinaison des plans, aux contours suaves et
fuyants des montagnes qui le terminent. Souvent les vallées dans la campagne
prennent la forme d'une
arène, d'un cirque, d'un hippodrome; les coteaux sont
taillés en terrasses, comme si la main puissante des Romains avait remué toute
cette terre. Une vapeur particulière, répandue dans les lointains, arrondit les
objets et dissimule ce qu'ils pourraient avoir de dur ou de heurté dans leurs
formes. Les ombres ne sont jamais lourdes et noires; il n'y a pas de masses si
obscures de rochers et de feuillages dans lesquelles il ne s'insinue toujours
un peu de lumière. Une teinte singulièrement harmonieuse marie la terre, le
ciel et les eaux : toutes les surfaces, au moyen d'une gradation insensible de
couleurs,
s'unissent par leurs extrémités, sans qu'on puisse déterminer le
point où une nuance finit et où l'autre commence. Vous avez sans doute admiré
dans les paysages de Claude Lorrain cette lumière qui semble idéale et plus
belle que nature ? Eh bien, c'est la lumière de Rome ! François-René de Chateaubriand, Voyage en Italie
Claude Lorrain ou l'or de l'horizon
De la brume bleue ?
Un horizon bleu peut être le
résultat d'un front froid, mais généralement, c'est dû à une couche d'air froid
juste au-dessus de l'eau. Quelquefois aussi, on parle de phénomène de brume
bleue. 
Il se produit lorsque de toutes petites particules d'hydrocarbone sont
relâchées dans l'atmosphère par la végétation et qu'elles se mélangent
chimiquement avec une petite quantité d'ozone en provenance de la stratosphère.
Le résultat : de minuscules particules ( diamètre de 0.2 microns ) qui
diffusent la longueur d'onde bleue. Plus la distance entre les montagnes et
l'observateur est grande, plus il y a de diffusion de la lumière solaire dans
l'air. La lumière paraît donc bleue et les montagnes apparaissent alors comme
si elles étaient bleues.
Et le ciel est vraiment bleu ?
Le " bleu " du ciel est
le résultat de la diffusion de la lumière solaire, blanche, par les composants
de l'atmosphère. Si cette dernière n'existait pas, on verrait une voûte céleste
sombre presque noire et les étoiles seraient visibles en plein jour.
Le phénomène responsable se nomme la diffusion Rayleigh.
La lumière voyage sous deux
forme : l'une corpusculaire ( les photons ) et
l'autre ondulatoire. Chaque
couleur a sa propre longueur d'onde.
La lumière voyage en ligne droite
jusqu'à ce qu'elle rencontre un obstacle qui la renvoie dans une autre
direction. Quand les rayons solaires entrent dans l'atmosphère, ils rencontrent
les atomes, les molécules d'air, les gouttes d'eau et la poussière dont est
elle constitué. Les molécules d'air ont la bonne dimension pour diffuser les
plus courtes longueurs d'ondes de la lumière, les violet, indigo et bleu en
l'occurrence ; les longueurs d'ondes plus longues, telles que les rouges
et les infrarouges, ne sont à peu près pas diffusées par l'atmosphère.
Lorsqu'on regarde le ciel, la
lumière qui parvient à notre oeil a deux origines distinctes : l'une
provient directement du soleil et l'autre suit un parcours chaotique totalement
désordonné et imprévisible puisque diffusée par
l'atmosphère : le bleu
nous viens donc de partout. La première est blanche et provoque des ombres
crues à cause de sa trajectoire droite provenant du soleil alors que l'autre
est dominée par le bleu et ne provoque pas d'ombre car nous arrive de toutes
les directions : le ciel.
C'est donc un mélange de violet,
d'indigo, de bleu, de vert et une petite fraction des autres couleurs, qui
étant diffusés dans tout le ciel, lui confère ce bleu que l'on connaît si bien
...
Ah ? Le soleil n'est pas jaune ?
On le voit jaune, car c'est la
couleur qui résulte du mélange de toutes les autres couleurs (le blanc donc),
sauf le bleu.
Dans l'espace, les astronautes affirment que le soleil est blanc : c'est
la couleur que nous observerions nous-mêmes si le bleu n'était pas dispersé
dans toutes les directions avant d'atteindre notre oeil.
Il ne faut pas oublier non plus,
que c'est notre oeil qui voit le soleil jaune, en
effet, les cellules
photosensibles du fond de l'oeil ont une sensibilité maximale à cette longueur
d'onde ... les abeilles par exemple, le voient différemment de nous.
Prévisions météorologiques en
fonction du bleu du ciel
Voici trois règles fondamentales
et simples, valables surtout dans les plaines :
Le bleu est
très foncé, lié à une bonne visibilité : cela indique un temps instable.
Une aggravation du temps accompagnée de vent et de précipitations n'est pas à
exclure. 
Le bleu est
moyen ou clair et lumineux : ici cela indique la persistance du beau
temps.
Un passage
graduel du bleu au blanc ou gris, lié à de la brume : cela permet de
prévoir un changement de temps (basse pression).
kalaia.free.fr/ency/article.php?id_article=106
De l'incertitude du temps qu'il va faire à la certitude du temps qui est.
Le temps de la
clepsydre
La clepsydre comme le sablier
ne mesure toutefois que des activités, de part et d'autres desquelles le temps
de la nature poursuit son cours nonchalant. Ce
sont des horloges qui ne
fonctionnent qu'à temps partiel. Le sablier mesure les activités longues et
lentes, la prière par exemple, la clepsydre mesure les activités brèves comme
le temps de parole dans une assemblée.
Mais qu'est ce que ce temps qui coule sans retour se demandera saint Augustin?
Avant, maintenant, après! Au sommet de l'amour et de la contemplation, cette
division n'apparaît-elle pas comme une illusion,
comme le produit d'une
distraction qui est aussi une réfraction? La distraction fait apparaître les
moments de la durée comme le prisme fait apparaître les couleurs.
Le temps des horloges
Les horloges apparaîtront dans les monastères à la fin du Moyen
Âge. Elles rendront abstrait et discret le temps concret et continu de la
nature. Les minutes, les secondes, les heures de l'horloge sont des
subdivisions du mouvement du soleil, mais elles s'en éloignent par leur
précision mathématique et par le fait que ce n'est pas le soleil qui fait
tourner les aiguilles, mais une énergie contrôlée par l'homme.
Ces caractéristiques seront encore plus manifestes dans le cas de la montre,
cette horloge portable apparue en 1600. À l'uniformisation du temps, la montre
ajoute l’appropriation individuelle.
Un nouveau temps linéaire apparaît. L'homme, qui le contrôle, voudra qu'il
s'écoule vers le mieux-être de la collectivité, plutôt que vers la mort de
chacun. C’est le temps du progrès.
Dans ce contexte, le temps de l'horloge deviendra le cadre immobile et uniforme
du changement, de la variété des phénomènes. C'est le temps de Kant:
"forme pure de toutes les intuitions sensibles, première condition de
possibilité de toute expérience, condition transcendantale qui n'est pas un
concept mais une intuition pure [...] manière dont nous nous rapportons aux objets
avant même de les percevoir." Voici un temps qui se prêtera parfaitement
bien aux exigences de la science et d'une humanité de plus en plus caractérisée
par le formalisme.
Devenu maître des horloges et désireux de mettre le temps à profit pour créer
le mieux-être, l'homme attachera un prix économique à chaque jour qui passe.
Enlever 10 jours au calendrier d'une année serait aujourd'hui une opération
extrêmement coûteuse et périlleuse. D'où le fait qu'à partir du XVIIIe siècle
les jours fériés disparurent progressivement, jusqu'à ce que les ouvriers, las
de reporter le mieux-être vers l'avenir collectif, obtiennent une réduction du
temps de travail.
Puis surgissent des compteurs pouvant réduire le temps à une
fraction de fraction de fraction...de seconde. Jusqu'à l'horloge atomique qui a
permis d'établir la définition désormais officielle de la seconde:
De 9,192 631 770 oscillations de l’atome de Césium.
De tels instruments auront aidé les hommes à s'habituer à l'idée
qu'il n'y a plus de temps ni d'espace absolus, que chacun transporte ses
coordonnées avec lui.
Les horloges atomiques sont aussi le symbole d'une humanité qui mise désormais
sur l'accélération des machines pour accéder au mieux-être et qui se fait à
elle-même une nouvelle promesse de libération; pour le moment toutefois
l'homme
semble incapable d'échapper à l'attraction de ses machines et il est entraîné
dans leur mouvement. Tout au plus peut-il espérer revenir a une alternance
entre la durée brève de la clepsydre et la durée longue du sablier.
Cette accélération des machines qui entraîne celle du commerce et de
l'industrie a sur la nature et les cultures, qui ont un rythme plus lent, un
effet qui pourrait être catastrophique, ce qui nous obligerait à conclure que
le temps linéaire mène toujours à la mort, même quand on tente de l'orienter
vers le mieux-être collectif.
D'où le projet, imaginé par Dany Hillis, l'homme qui a conçu l'ordinateur le
plus rapide, d'une horloge qui fonctionnerait parfaitement pendant dix mille
ans, dont le coucou sortirait tous les millénaires et qui rappellerait à
l'homme agité les rythmes lents de la nature et des cultures. Mais ce rappel
des rythmes de la nature est-il vraiment le but visé par Hillis. À son avis en
effet., les Mind Machines constituent une nouvelle espèce: la machina
sapiens qui devrait rivaliser quelque temps avec l'homo sapiens pour
ensuite le dépasser. Hillis pressent le mépris qu'il inspirera à ses
descendants robotiques. «Je veux, dit-il, faire une machine qui sera fière de moi.
[...] Si je pouvais me fabriquer un nouveau corps qui durerait 10 000 ans, je
le ferais immédiatement!»
Les simples hommes préféreront tourner leur regard vers Paul Valéry qui, dans
des vers inoubliables, a relié l'espace-temps de Einstein aux astres de Platon.
Tout puissants étrangers, inévitables
astres
Qui daignez faire luire au lointain
temporel
Je ne sais quoi de pur et de surnaturel...
"Ai-je bien utilisé mon temps ?". Titus
| |
L'horloge biologique régule
les fonctions physiologiques et le comportement de la plupart des
organismes vivants, en général sur un rythme jour/nuit dit circadien. Son dérèglement peut L'horloge circadienne permet d'anticiper les variations journalières des
conditions environnementales selon un rythme de 24h, en alternance
jour/nuit. L'horloge centrale des |
Derrière l'horloge
[...] l'attachement des adultes à leurs horloges, est extrêmement singulier et puéril,puéril dans un sens où je ne l'ai jamais été. L'horloge est peut-être la plus grande performance des adultes. Mais il en est
ainsi en fin de compte : dans la même mesure que les adultes peuvent être créateurs et y parviennent à force d'application, d'ambition et avec un peu de chance, dès l'instant qu'ils ont créé ils deviennent les créatures de leurs propres créations historiques.
En outre, l'horloge n'a pas d'existence sans l'adulte. Il la remonte, il l'avance ou la retarde, il la porte chez l'horloger pour pour qu'il la contrôle, la nettoie et au besoin la répare.
De même si le coucou s'arrête trop t^pt de chanter, si la salière se renverse, si l'araignée paraît le matin, si des chats nous viennent de la
gauche, si le portrait à l'huile tombe du mur parce que le crochet branle dans le crépi, de même les adultes voient dans la glace, derrière l'horloge et dans l'horloge beaucoup plus que n'en peut dire une horloge.
Günter Grass, Le tambour
Dans le tic-tac, heure après heurt, les tics et tocs de tes humeurs.
Doctrine médicale de la théorie des humeurs
Élaborée
peu à peu par Hippocrate (460 env.-env. 370 av. J.-C.) et les auteurs
du Corpus
Hippocraticum, puis par Galien (129-env. 201), la doctrine médicale de la
théorie des humeurs a joué un rôle prépondérant dans l'histoire de la médecine
jusqu'à la fin du XVIIIe siècle environ.
La
théorie humorale considère que la santé de l'âme comme celle du corps réside
dans l'équilibre des humeurs - sang, phlegme, bile jaune, bile noire - et des
qualités physiques - chaud, froid, sec, humide - qui les accompagnent. Toute
maladie, due à un dérèglement du jeu de ces éléments, est ainsi susceptible
d'une explication purement physique. C'est à une telle causalité que
l'Antiquité recourt pour rendre compte notamment de la mélancolie (cf. le
problème XXX, attribué à Aristote).
Humour et Humorisme : de l'humus dans les humeurs
L'humorisme
garde sa prédominance dans les siècles qui suivent. La Renaissance voit dans le
jeu des humeurs, commandé par la coction des aliments dans le corps, propre à
chacun mais aussi influencé par l'âge, la
saison et l'heure, la clef de
l'explication des affections psychiques, en particulier de la mélancolie ;
ce trouble caractérisé par la crainte et la tristesse a sa cause dans une
humeur noire et limoneuse qui occupe le cerveau et en altère la température.
Même cadre théorique au XVIIe siècle pour concevoir les phénomènes
pathologiques : selon Furetière, « toutes les maladies ne sont
causées que par des humeurs peccantes [c'est-à-dire qui ont « de la
malignité et de l'abondance »] qu'il faut évacuer » (Dictionnaire
universel de 1690). Mais on voit à cette époque la théorie des humeurs donner
lieu à deux types de pratique médicale, la médecine agissante et la médecine
expectante. Pour la première, la maladie résulte de la surabondance ou de
l'altération de
l'une des humeurs ; les organes qui la sécrètent et les
canaux qui la véhiculent étant obstrués, il faut les dégager au moyen des
procédés que dénonce Molière, saignées et purgatifs. Pour la seconde, au
contraire, d'inspiration hippocratique, la nature tendant spontanément à
évacuer les humeurs viciées, il faut la laisser faire ou l'aider dans sa tâche.
À la
fin du XVIIIe siècle, si Pinel et Cabanis n'ont pas encore totalement renoncé à
l'humorisme des Anciens, Broussais (1772-1838), lui, consomme la rupture avec
cette théorie, considérant que le traitement des maladies doit tenir compte
essentiellement des altérations pathologiques constatées dans les tissus. Mais
c'est la théorie cellulaire qui viendra définitivement à bout de
l'humorisme en
proposant un cadre conceptuel nouveau dans lequel la cellule est désormais
l'élément pertinent pour rendre compte des phénomènes normaux et pathologiques,
et en même temps l'objectif principal du traitement thérapeutique.Encyclopædia Universalis
Plus cool en couleurs
Chez
soi : l’harmonie du feng shui
La
couleur de nos murs influe également sur nos humeurs.
Savez-vous pourquoi, en
Chine, de nombreuses portes d’entrée sont peintes en rouge ? Parce que cette
couleur est synonyme de prospérité, de bonheur et d’amour. Mais aussi parce
qu’elle est liée à l’élément feu et à l’énergie qi de l’ouest, et que c’est la
plus yang des couleurs. Autrement dit, la plus forte, celle qui attire le plus
l’attention. Pour le feng shui, art de l’harmonie dans l’habitat, chaque
couleur influe différemment sur le qi, cette énergie vitale qui circule en et
autour de nous : elle peut le maintenir, l’apaiser ou le
stimuler. Le jaune,
par exemple, est idéal pour se concentrer dans son travail (à l’inverse du
vert, trop reposant). C’est aussi la couleur de la terre, celle de l’énergie
qui rassemble. Elle convient donc aux lieux de réunion, aux salles à manger.
Mais pas aux espaces exigus ni aux chambres à coucher, où elle rayonnerait avec
trop d’intensité. Le rose, en revanche, agit comme un calmant dans les lieux où
l’on veut créer une atmosphère sereine, ou chez les personnes qui présentent
des troubles du sommeil. Il dissipe la mauvaise humeur et donne l’impression
d’être protégé. On le recommande pour les enfants et les personnes âgées.
Suivant les préceptes du feng shui, une banque anglaise a fait repeindre
ses murs dans un certain ton de bleu. Cette couleur leur
inspirant confiance,
les clients sont devenus plus enclins à confier leur argent ! D’autres
entreprises ont suivi l’exemple et ont vu leur productivité augmenter,
simplement parce que leurs collaborateurs se sentaient bien au bureau. En
France, les peintures
Ripolin viennent de concevoir des familles de couleurs
qui influent sur le physique – les Décontractants, les Tonifiants, les
Tranquillisants – ou sur le psychique – les Ressourçants, les Stimulants, les
Tempérants. Pas de teintes révolutionnaires, seuls les noms ont changé, mais
cela fait toute la différence.
...psychologies.com/cfml/article/c_article.cfm?id=1573
From House Art to Hussarde
Royal Hussard
Pas vraiment froussardes les hussardes
La femme qui préférait les chevaux aux hommes.
Les
mémoires de Nadejda Dourova, la femme qui préférait les chevaux aux hommes. Tout
est prodigieux dans la vie de cette jeune aristocrate russe, née en 1783 et
élevée comme un véritable soldat. à vingt-trois
ans, elle se déguise en homme et
s'engage dans l'armée du tsar. Cette cavalière émérite combattra Napoléon lors
de la guerre de 1812.
Les mémoires de Nadejda Dourova, restées longtemps inédites malgré la lecture enthousiaste
qu'elles procurent, sont ici brillamment traduites par Carole Ferret. Nadejda Dourova - Favre
Cette cavalière semble bien plus musarde :
"Oui, aussitôt entré, il l'embrasserait, il la serrerait fort contre lui, et en avant vers le lit, soit chez elle, soit chez lui ! Non, chez elle, le lit était plus grand. La déshabiller vite, lui dire de se coucher, et en avant, à la hussarde !".
Albert Cohen, Belle du Seigneur
Tout un idéal...
L'éducation
est-elle un idéal du passé ?
Lire et
écrire à l'épreuve des technologies, de la démocratie et de la mondialisation
La question de l'éducation a mobilisé les efforts des plus brillants penseurs.
Que l'on songe à la tékhnê rhêtorikê développée par les sophistes, au dialogue
socratique, au projet d'une cité idéale (Platon), aux réflexions sur la
communication (Augustin), à la reprise des textes classiques par les humanistes
(Érasme, Montaigne), à l'invention de la pédagogie moderne (Coménius), à la
formation
sur mesure de l'élève (Rousseau), à l'idée d'éducation du genre
humain (Lessing), à l'esprit des Lumières (Kant), voire à la pédagogie fondée
sur l'expérience de l'enfant (Dewey). Pour certains, il faut reprendre à
nouveaux frais les réflexions de la tradition sur les moyens et les finalités
de l'éducation. Pour d'autres, au contraire, il est utopique de vouloir
reprendre cet idéal en
pensant transmettre la culture dans un monde en
mutation, un monde virtuel et sans repères. Que penser des argumentaires
récents se portant à la défense du modèle humaniste (Nussbaum) ? Pour poser le
problème en termes plus polémiques : l'éducation et la culture
représentent-elles autre chose que la domestication ou le « dressage » de
l'animal humain (Sloterdijk) ?
Si l'on considère la situation de l'éducation globalement, les problèmes posés
par l'apprentissage de la lecture et de l'écriture dépassent la pédagogie
traditionnelle pour toucher d'autres champs du savoir. Cet élargissement permet
de voir les choses autrement. La politique, assistée par le droit et la
sociologie, peut-elle faire mieux que de promouvoir la citoyenneté et la
démocratie ? Comment concilier, dans un esprit libéral, la laïcité avec
l'enseignement religieux ? Hors des querelles d'écoles et de méthodes, la
psychologie a-t-elle de véritables solutions aux
impasses de l'apprentissage ?
Qu'avons-nous retenu des pédagogies centrées sur l'enfant (l'expérience de
Summerhill) ? S'appuyant sur la pédagogie nouvelle, les effets du
constructivisme et les besoins des entreprises, la réforme actuelle des
programmes nous réserve-t-elle encore de nombreuses surprises ? L'avenir est-il
à l'enseignement privé, à l'apprentissage à distance, aux technologies de
l'information
(Internet, logiciels éducatifs) ? Insensible à la culture, la
mondialisation sonne-t-elle le glas de l'éducation, laquelle devient un idéal
du passé ? Enfin, si l'on compare les systèmes d'éducation, le Québec et le
Canada, se distinguent-ils avantageusement des autres pays dans le monde, par
rapport à la France par exemple ?
Lire et écrire à l’épreuve des technologies, de la démocratie et de la
mondialisation - Revue Médiane
Au soleil de l'obscurantisme, seule l'idée hâle.
L'homme idéal est drôle, attentionné et
imprévisible
19 septembre 2005 - L'enquête Ipsos-Côté Femme tente un portrait de l'homme idéal. La recette des femmes interrogées ? De l'écoute, de l'humour, de la générosité, un peu de Johnny Depp, un soupçon de Yannick Noah... pour un résultat finalement assez proche de leur propre compagnon.
L'homme
idéal existe-t-il ?
Mais que les hommes se rassurent… S'ils ne sont pas encore parfaits, ils
continuent de peser dans la vie des femmes. Et sans complexe d'Œdipe inversé
. Pour
la moitié des femmes (49%), c'est leur compagnon qui compte ou a le plus compté
dans leur vie, loin devant leur père (19%) ou leur fils (13%). Pas de quoi
être jaloux non plus, puisque seule une petite minorité des répondantes indique
qu'elle a été principalement marquée par son premier amour (7%) ou son meilleur
ami (5%). L'âge encore une fois est une variable déterminante : les femmes de
moins de 35 ans, peut-être moins installées en couple ou pas encore mères
citent davantage leur père (31%) que les femmes de
plus de 35 ans (14%) qui
elles citent beaucoup plus leur compagnon (54% contre 39% des moins de 35 ans).
Notons que pour les mères qui ont au moins un enfant, leur fils arrive en
seconde position (21%) après leur compagnon. 
Portrait robot de l'homme idéal
Désordonné mais pas égoïste
Incapable de ranger ses vêtements ou de faire son lit, les hommes sont
souvent accusés d'être désordonnés. Qu'à cela ne tienne, ce n'est pas un
problème pour une majorité de femmes puisque 54% d'entre elles estime que ce
défaut est le plus acceptable, loin devant tous les autres qui ont été testé
s.
Les femmes issues des catégories sociales supérieures sont encore plus
indulgentes (73% des femmes cadres et 71% de celles titulaires d'un diplôme
supérieur à Bac+3 jugent que c'est le défaut le plus acceptable), de même que
les femmes plus jeunes (62% des moins de 35 ans jugent que c'est le défaut le
plus acceptable contre 50% des plus de 35 ans).
Notons enfin que les femmes sont plus indulgentes envers les hommes macho (7%)
et dragueurs (7%) que radins (4%) ou paresseux (3%)… Mais que les
hommes ayant
tendance à insister sur leur virilité ne croient pas que ces attributs soient
un avantage fiable. Tout d'abord, ce défaut est jugé le plus acceptable par une
très faible proportion de femmes. En revanche, il arrive en deuxième position
parmi les défauts jugés les moins acceptables. Pour le quart des femmes (24%),
c'est l'égoïsme qui est rédhibitoire, mais le machisme vient juste après (17%),
suivi par trois défauts jugés inacceptables par une proportion similaire de
femmes : la mauvaise foi (13%), la paresse
(13%) et l'avarice (12%). Les femmes
de moins de 35 ans sont particulièrement hostiles à l'attitude machiste: un
quart d'entre elles (24%) jugent que c'est le défaut le moins acceptable,
quasiment à égalité avec l'égoïsme (26%), tandis que les femmes de plus de 35
ans sont 13% seulement à juger
que le machisme est le défaut le moins
acceptable, ces dernières étant plus choquées par des hommes paresseux (16%) ou
de mauvaise foi (15%). La figure de l'homme macho mais terriblement séduisant à
la Marlon Brando, si elle peut encore attirer les femmes de plus de 35 ans,
n'est plus de mise auprès des femmes plus jeunes…
...ipsos.fr/CanalIpsos/articles/1676.asp
Idoine, Ad hoc, approprié : souvent ! mais idéal ?
Un
idéal trop élevé peut être source de haine
|
|
Il nous faut un idéal, il
est bon de présenter des idéaux aux élèves car l'idéal est un moteur; c'est
lui qui nous fait progresser, qui les fait grandir. C'est lui qui
indique une direction, un chemin vers où aller, un encouragement, une |
L'idéal
est donc lié au narcissisme et donc à la confiance en soi, à l'estime de soi; c'est pourquoi il est
si important pour les élèves. Son absence handicape le travail: "Pourquoi
travailler, ça ne sert à rien, à quoi bon!". Mais
inversement un idéal
trop élevé peut être un handicap aussi grand: "A quoi bon travailler
puisque je n'y arriverais pas!"
|
|
|
...perso.orange.fr/jacques.nimier/ideal_haine.htm
Plus d'horloge avec ses humeurs de hussarde, mais du temps, du temps rien qu'à nous, comme tout horizon...
Le voilà esquissé, enfin, notre hiver idéal.
Notre promenade culturesque s’achève; car elle ne peut, bien sur, être trop exhaustive.
Aussi
je vous invite à poster vos contributions et recherches personnelles,
afin de renchérir un thème ou rebondir sur une réflexion.
Douce heureuse lecture,![]()
et rappelez-vous, été infernal comme hiver idéal :
L' Amour c'est mieux copieux ! ...
Well
Tous les documents, textes et iconographie, sont légendés et ont principalement été cueillis, avec patiences et passion, dans l'infini de l'internet. Un grand Merci à leurs auteurs.
< Billet précédent ... et pour patienter >
27 janvier 2007
Les Sept Serpents
Faîtes vos vœux
Les vœux sont faits, rien ne va plus, rien ne t’a plu.
Le Sept tique mais au charme le Sept sera.
De sphinx ascète alors...
Principe ToutAzim' : Un dico.
Un mot. On tourne tout doucement les pages à la rencontre d'un autre mot. On s'arrête.
On l'observe. Puis on va le laisser parler. Il aura toujours beaucoup à nous
apprendre. Le but sublime et avoué de cette quête, est et sera, de débusquer le
fou et le beau au-delà du flou de chaque mot. L'ivresse supplémentaire, étant
de trouver un lien, une harmonie, voir une fusion, entre tous.
Allons !… faisons tourner les pages !
Sept - Sérail - Serment - Sermon - Serpent - Sérum
Subtile série !... Voyons de plus près :
De lui (l’Être) proviennent les sept souffles, les sept flammes, les sept bûches,
les
sept oblations, ces sept mondes-ci dans lesquels circulent les souffles
siégeant dans le for intérieur, disposés sept par sept.
Upanishad, dans le Veda.
Symbolisme du nombre Sept
Ce
nombre est celui de l’Equilibre, de la Pureté et de l’Harmonie, c’est
une constante que l’on retrouve dans beaucoup de phénomènes et de
symboles
ésotériques. Rattaché à la Sphère de Vénus, ce nombre est celui de
l’Amour qui fait de lui un élément central dans la magie vénusienne et
magie d’Amour. www.luxsanctuary
Hum, ça fleure bon l’harmonie « septuelle » tout ça.
Approfondissons...
|
|
La belle au bois dormant (Charles Perrault)
Ils
allèrent à toutes les eaux du monde, voeux, pèlerinages, menues
dévotions; tout fut mis en oeuvre, et rien n'y faisait. Enfin pourtant
la reine devint grosse, et accoucha d'une fille: on fit un beau
baptême; on donna pour marraines à la petite princesse toutes les fées
qu'on pût trouver dans le pays (il s'en trouva sept),
afin que chacune d'elles lui faisant un don, comme c'était la coutume
des fées en ce temps-là, la princesse eût par ce moyen toutes les
perfections imaginables.
Belle au bois ronflant ou fée néant ?
Glissons silencieusement vers le sérail
Le sérail, avec la multiplicité des femmes, apparaît encore
comme un lieu de profusion. Les auteurs n’ont de cesse de louer
la splendeur de tous les objets retrouvés, des parures féminines
aux ornements picturaux en passant par l’ameublement.
« La Maison
des Empereurs Ottomans, écrit Mademoiselle de La Roche-
Guilhem dans son Histoire des favorites, est toujours pleine d’objets
agréables propres à dissiper les plus tristes idées, & c’est là
que l’on voit ordinairement entrer ce qu’une infinité de climats
divers ont de plus rare. » Régal pour l’oeil autant que pour tous
les sens, les palais des sultans et des princes barbaresques matérialisent l’opulence en ce qu’elle a de plus éclatant. … Construction verbale, le sérail reste un endroit fictif, situé en
dehors du temps et de l’espace réel. Dès lors qu’on tente d’en
préciser les mystérieux contours, le texte révèle d’importantes
lacunes. Du palais d’Andrinople, si souvent évoqué, on ne retient
que la proximité de la Marise, la hauteur des murailles, la densité
de la végétation, l’abondance des canaux qui l’entourent. Il serait
en effet fort naïf de notre part de chercher dans ces minces repères
descriptifs un reflet fidèle ou même ressemblant du bâtiment
de jadis. À travers le prisme de l’imaginaire, les harems ottomans
ou même barbaresques se donnent à voir sous un jour idéalisé,
insaisissable.
…Dans Zulima ou L’amour pur, l’épouse d’Ibrahim offre à Léonor une cachette dans « l’appartement de son Serrail le plus éloigné » afin de la « dérober aux yeux » de son mari, alors que la sultane Phédime
propose à son amie Zulima d’envoyer Léonor dans son
« Serrail secret » de sorte que le prince Ébérard ne la découvre
point. Tantôt sépulcre, tantôt refuge, l’appartement des femmes
présente dans la fiction narrative une façade ambiguë dont il convient
de préciser
les implications symboliques.
L’imagerie du sérail dans les histoires galantes du XVIIe siècle - Marie-Christine Pioffet, Université York (Toronto)
D'aucuns railleront toujours que l'amour s'éraille chaque jour
On a souvent tendance à confondre harem et sérail. Il est
vrai que les deux mots avaient des sens qui n’étaient pas si éloignés…
Mais au départ, le sérail était simplement le palais du sultan… Puis il
a désigné toute l’atmosphère parfois
Et sérail a aussi
été considéré comme désignant la partie particulière du palais réservée
aux femmes … donc plus ou moins synonyme de harem…
Un troisième mot
mérite d’être signalé : gynécée… . Là il s’agit, étymologiquement de la
partie de la maison réservée aux femmes, dans l’antiquité grecque… Et
le mot est également utilisé au sens figuré… Mais plutôt pour désigner
une atmosphère uniquement féminine.. non pas l’appartement des femmes
qui appartiennent à un homme, dans une logique de pouvoir étonnamment
phallocratique… Mais l’appartement des femmes qui vivent entre elles…
et semblent se passer d’homme.
délétère d’un palais : il s’y noue des intrigues, il s’y trame des
complots… Des coteries secrètes se forment… Et encore maintenant,
lorsqu’on dit de quelqu’un « il est du sérail… il a été élevé dans le
sérail… » cela signifie qu’il est familier de mœurs du pouvoir, et
surtout des coulisses du pouvoir… il connaît ce genre de musique ; il
sait déchiffrer les codes… il n’a rien du naïf… RFI-Y. Amar - Coproduction Cndp
Hiérarchie des femmes du Harem :
-gedikli : femme de chambre affectée au service personnel du sultan et dont on espère qu’il honorera la couche. 5ème rang parmi ses femmes.
-gözde : femme qui a réussi à attirer l’attention du sultan. 4ème rang.
-ikbal : favorite du sultan dont il honore occasionnellement la couche. 3ème rang.
-haseki : favorite du sultan qui lui a donné un enfant, non encore inclus parmi les princes ou princesses impériaux. 2ème rang.
-Kadin : « épouse » non mariée mais officielle du sultan. 1er rang.
Rappelons que le mot Harem vient du mot arabe « haram » qui signifie « ce qui est défendu par la religion, sacré ».
Sehahat Erol - Conseils de lectures : Michel de Grèce, La Nuit du Sérail
... Sous ce sérail, susurrons d'irraisonnables serments !
Serment
Le Serment d’Hippocrate,
sans doute le texte que la postérité a retenu comme le plus fameux des
écrits médicaux de l’Antiquité grecque, prend en une phrase position
sur l’avortement : « Je ne remettrai pas non plus à une femme de pessaire abortif ».
Les commentaires de ce passage du Serment ont été et sont toujours
nombreux et donnent lieu à de multiples controverses. Mais une
lecture littérale permet d’affirmer qu’il ne s’agit nullement d’une
interdiction pure et simple de l’avortement, mais seulement d’une
interdiction d’un type de pratique abortive en raison de sa
dangerosité. Car les femmes grecques se mutilent et meurent d’avoir des
enfants, mais aussi de ne pas pouvoir en avoir et sûrement de ne pas en
vouloir. Les médecins le savent.
Lydie BODIOU, « Le Serment d’Hippocrate et les femmes grecques ».
L'impossible a plus de force que le serment dit un proverbe basque.
"Vivement la guerre qu'on se tue !"
Le silence
gardé par les anciens combattants sur leurs années de guerre, à
l'exception de quelques anecdotes amusantes et superficielles, est
justifié quelquefois par un serment exigé par l'armée, une sorte
d'obligation de réserve qui les obligerait à taire ce qu'ils ont vu et
fait à la guerre. Ce silence ne facilite pas l'approche descriptive de
ce lieu de vie et de mort qu'est la ligne de feu ou première ligne,
présentée alternativement dans les écrits produits par les soldats,
comme un enfer sur terre, comme un lieu exaltant où s'accomplissent
de
belles actions de bravoure, version des médias de l'époque, ou encore
comme une zone pittoresque, le monde des « poilus », avec son mode de
vie spécifique et ses relations de forte camaraderie nouées dans les
tranchées que les anciens combattants aiment tant évoquer dans leurs
souvenirs. « Sur la ligne de feu en 14-18 » Evelyne Desbois
Le serment du Chevalier
1/ Tu croiras à tous les enseignements de l'Eglise et tu observeras ses commandements.
2/ Tu protègeras l'Eglise.
3/ Tu défendras tous les faibles.
4/ Tu aimeras le pays où tu es né.
5/ Tu ne fuiras jamais devant l'ennemi.
6/ Tu combattras les infidèles avec acharnement.
7/ Tu rempliras tes devoirs féodaux, à condition qu'ils ne soient pas contraires à la loi divine.
8/ Tu ne mentiras jamais et tu seras fidèle à ta parole.
9/ Tu seras libéral et généreux.
10/ Tu seras toujours le champion du droit et du bien contre l'injustice et le mal.
Voici comment se déroulait la cérémonie de l'adoubement (armement du chevalier).
La
première cérémonie était un bain où l'on mettait l'aspirant, c'était un
symbole de purification morale. Au sortir du bain, on l'habillait d'une
tunique blanche, insigne de pureté ; d'une robe rouge, marque de ce
qu'il était tenu de
répandre
son sang pour sa foi et son devoir ; d'un justaucorps noir, souvenir de
la mort qui l'attendait, comme tous les hommes. Purifié et vêtu, il
observait un jeûne rigoureux de vingt-quatre heures. Sur le soir, il
entrait dans l'église et passait la nuit en prières. Le lendemain
matin, il se confessait, communiait, assistait à la messe et entendait
ordinairement un sermon sur les devoirs de la chevalerie, puis il
s'avançait vers l'autel, l'épée de chevalier suspendue à son cou ; le
prêtre la détachait et la lui rendait après l'avoir bénie. Le jeune
guerrier allait ensuite s'agenouiller devant le seigneur qui devait lui
conférer son titre ; il lui récitait quelque demande comme celle-ci : «
Si vous pri qu'en guerdon de mon service me doigniès armes et me faîtes
chevalier », et il prononçait le serment de rester toujours fidèle à la
religion et à l'honneur. Le seigneur lui donnait l'accolade,
c'est-à-dire, trois coup du plat de son épée sur l'épaule ou sur la
nuque, quelquefois un léger coup de la main sur la tête et lui disait
une sorte de sermon. Puis « On amène le cheval, on apporte les armes,
on le revêt d'une cuirasse incomparable, formée de doubles mailles que
ni lance ni javelot ne pourraient transpercer ; on le chausse de
souliers de fer fabriqués de même à doubles mailles; des éperons d'or
sont attachés à ses pieds ; à son col est suspendu son bouclier, sur
lequel sont représentés deux lionceaux d'or ; sur sa tête on pose un
casque où reluisent les pierres précieuses, ou lui remet une lance de
frêne à l'extrémité de laquelle est un fer de Poitiers ; enfin, une
épée provenant du trésor du roi. »
(Extrait de Comment Geoffroi Plantagenet, Due d'Anjou, fut armé chevalier en l'an 1127.) www.medieval.mrugala.net
Plus facile d'être chevaleresque que d'être
chevalier.Restons humbles, écoutons ce sermon.
Sermon
La mesure de l’amour c’est d’aimer sans mesure.
Saint Augustin (extrait d’un sermon)
Paul Gauguin, Vision après le sermon ou Le Combat de Jacob avec l'Ange, mi-août-mi-septembre 1888. Huile sur toile. 73 cm X 92 cm. National Gallery of Scotland, Édimbourg.
La Vision après le sermon (National
Gallery of Scotland, Édimbourg), que Paul Gauguin (1848-1903) peignit
durant l'été de 1888 lors de son séjour à
Pont-Aven,
n'est pas à proprement parler une œuvre « primitiviste » : c'est
l'influence japonaise qui y prédomine, en particulier celle
d'Hiroschige dont plusieurs gravures sur bois sont proches de tel ou
tel élément du tableau (l'arbre au tronc en diagonale, Jacob et l'Ange,
les Bretonnes). Mais il marque dans la peinture de Gauguin une
évolution capitale, stylistiquement vers le synthétisme, et du point de
vue du sujet vers le symbolisme. Cette évolution permettra au peintre
d'intégrer plus facilement des thèmes et des formes issus de
civilisations non occidentales, ou de choisir dans la tradition
occidentale elle-même des épisodes que n'avait pas véritablement
retenus la tradition classique (l'art byzantin par exemple). Gauguin va
systématiquement les rechercher et les intégrer à son travail dans les
années suivantes, et c'est à ce titre que La Vision après le sermon
peut se comprendre comme un jalon capital de son « primitivisme ». Encyclopædia Universalis.
Le refus de la violence par fidélité au Sermon sur la montagne est encore au cœur de la doctrine de Léon Tolstoï (1828-1910). Il en expose la théorie dans
Le
Royaume des Cieux est en vous (1893) et prend la défense des
doukhobors, groupe religieux persécuté pour son refus de porter les
armes. Sollicité par Gandhi, Tolstoï entre en correspondance avec lui
(Lettre à un Hindou) et c'est probablement par Tolstoï que Gandhi
découvre la dimension non violente des Évangiles.
Il écrit à Gandhi : Plus je vis et plus je veux ‑ la mort approchant ‑ faire connaître à autrui mes sentiments les plus profonds. Il s'agit de ce qui pour moi, prend une importance immense ‑ de ce qu'on appelle la « non‑résistance ». En réalité, cette non-résistance n'est rien d'autre que l'en




























